La casse, elle ne m'a jamais fait peur
C’est une vitrine qui explose
Comme un bateau contre la glace,
C’est la violence en overdose
Qui te fait voir la mort en face
C’est la voiture qu’on pulvérise
A coup de cocktail, de nunchak’,
Elle a ses dieux et ses églises,
Elle est blanche, elle est beur ou black…
La casse !
C’est une tanière gorgée de haine
Qui boit la peur jusqu’à la lie,
Des bandes de loups qui se déchaînent
Parce que leur vie n’est que «survie»
C’est le feu brûlant des enfers
Qui crucifie toutes les cités,
Le premier sang avant la guerre,
Une balafre à la liberté…
La casse ! Elle fait monter dans le rouge
Les aiguilles de ton cœur !… La casse !
C’est avec elle que j’ai grandi,
Mais elle ne m’a jamais fait peur
Et là, dans les griffes de ses nuits,
Je suis prêt à replonger tout à l’heure !
C’est la musique qui se déchaîne,
A l’abri des vitres fumées
Et l’alcool qui brûle dans les veines
Des illusions d’éternité
C’est l’envie que la vie soit belle
Même si l’on doit mourir demain,
D’un accident, d’une étincelle,
Dans la brume du petit matin….
La casse !
C’est l’amour qu’on n’aura jamais
Avec des filles de hasard,
C’est la tendresse qui s’est tirée
Dans l’obscurité des couloirs
C’est la daube qui monte à la tête
Qui vous donne des envies tordues
Comme de craquer une allumette,
Pour exploser ce qu’on aura plus…
La casse ! Elle fait battre tes tempes comme
Un marteau piqueur !… La casse !
C’est avec elle que j’ai grandi,
Mais elle ne m’a jamais fait peur
Et là, dans les griffes de ses nuits,
Je suis prêt à replonger tout à l’heure !
Et même quand j’ai mordu la poussière,
Je n’ai mis qu’un seul genou à terre !
C’est avec elle que j’ai grandi,
Mais elle ne m’a jamais fait peur
Et là, dans les griffes de ses nuits,
Je suis prêt à replonger tout à l’heure !
La casse ! Même si avec le temps
Avis aux amateurs !… Ça passe !
La casse ! Il n’est pas né celui
Qui m’enverra un jour… A la casse !
(Thierry Sforza, Bernard Estardy)
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